GROUPSHOW.lu

Pour son premier « group show.LU » Zidoun-Bossuyt Gallery a réuni 4 artistes luxembourgeois aux origines et pratiques artistiques différents. Peinture sur toile de pinceaux, bombages sur aluminium convulsé ou rigide, travail au chalumeau sur cuivre ou installation à thème utilisant des matériaux divers voire d’autres méthodes et techniques de création, la palette est fort variée, les tempéraments des artistes aussi, bref une exposition reflétant des courants divers du monde artistique actuel au Luxembourg. L’exposition ne suit pas un thème imposé mais présente un large éventail d’expressions plastiques en laissant aux artistes le choix de s’exprimer librement dans leurs techniques de prédilection et en prenant leurs positions personnelles.
March 11 2016 - April 9 2016

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Press release

Sali MULLER

 

Née en 1981, l’artiste a fait ses études au Luxembourg, en France et en Allemagne. Depuis 2005 elle a eu des expositions personnelles en France, en Allemagne et au Luxembourg et a participé à des expositions collectives en France, aus Etats-Unis, en Grande-Bretagne, en Suisse et au Luxembourg. L’artiste a eu le „Prix d’Encouragement Jeune Artiste, 7e Biennale d’Art Contemporain » en 2003 à Strassen, a été nommée pour le « Bloom Award » à Cologne et l’Incubarte Award à Valence, a eu une Mention Honorable au Concours LST Gallery, Florida, United States en 2013 et une Mention Spéciale au même concours en 2014. La même année elle développe le projet « Erase ». Il s’agit d’une série animée par le désir « d’effacer tout ce qui porte atteinte au devenir de notre monde ainsi que les événements néfastes et autres catastrophes qu’on souhaiterait bien pouvoir rayer de notre mémoire (…) L’artiste se sert d’un chiffon humide et efface la couleur des photographies en frottant. En résulte cet effet rose violet. » Ce n’est pas la seule technique utilisée par l’artiste pour créer ses pièces.

L’artiste aime travailler sur des thèmes comme la communication, la société de consommation, les petites et grandes catastrophes de ce monde et les mutations du genre humain. A chaque fois elle adapte ses techniques plastiques et le choix des matériaux au besoin. Elle trafique des photos, réalise de grands ensembles et des installations, invente des jeux ludiques, compose des tableaux sertis de perles, crée des objets insolites ou des sculptures pour l’espace public.

Elle présente un « banc » gris avec des figures figées, un grillage de câbles colorés symbolisant la société de communication de la hyper-connectivité et de surveillance, des portraits changeants en forme de miroirs déguisés et des œuvres extraites du projet « Erase ».

 

www.salimuller.com                                       

 

 

Franck MILTGEN

 

Né en 1981 à Esch-sur-Alzette. Etudes en arts plastiques à l’Université de Provence Aix-Marseille et à l’Universität der Künste Berlin de 2001 à 2006. Entre 1997 et 2011 il explore l’espace public en pratiquant le graffiti writing. Depuis 2001 il varie ses techniques en s’exerçant à « une pratique urbaine de l’art ». Engagé dans des expositions collectives ou en duo depuis 2012 au Luxembourg et en France, il investit depuis fin janvier et jusqu’au 10 avril  les espaces de l’Abbaye de Neumünster.

 

 

 

Ses approches plastiques sont multiples. Il s’applique à explorer « les relations entre la matière, le matériau mais aussi la présentation et l’application de ceux-ci ». Lors de sa récente performance à Neimënster il a travaillé sur l’aluminium, sur pvc imprimé et sur papier photo, utilisant toujours l’acrylique aussi bien appliquée par pinceau que par aérosol ou d’autres techniques pour combiner  couleurs et supports, essentiellement en métal léger et flexible apte à être tordu ou soumis à des distorsions variables.

Ses oeuvres se veulent « politiques » dans le « sens où questionnements et engagements à long terme face à des considérations sociétales surgissent au travers  de mes créations », dit-il, tout en expliquant que même ses formes apparemment géométriques sont en mouvement et n’ont rien d’abstrait mais tournent autour d’une « idée centrale ».

Et la critique d’art Marie-Anne Lorgé de résumer l’intervention « Response » à Neimenster, conçu comme « une réponse à l’appel d’un lieu chargé historiquement, architecturalement et politiquement » : « Immersive, dynamique, optique, l’installation multi-espaces de Franck Miltgen propose « un éventail d’expériences sensorielles ».

Forte de cette expérience, il présente trois pièces sur aluminium, variations sur un thème plastique : créer l’illusion d’un support plié aux couleurs variées et aux nuances changeantes au gré des motifs en « mouvement ».

 

www.franckmiltgen.lu                                                

 

 

Arthur UNGER

 

Né en 1932 à Luxembourg, il effectue des études à Bruxelles avant de partir en 1956 pour le Congo Belge. Ce séjour africain aura une influence sur son œuvre. En 1960 il rentre en Europe pour s’installer en 1963 à Paris. Dès son retour à Luxembourg en 1968 il poursuit son aventure picturale avec des encres de Chine et développe à partir de 1970 un procédé inédit de peinture sur cuivre électrolytique, qu’il appelle « pyrochimiogramme sur cuivre ». Ce procédé dépasse les méthodes classiques puisque l’œuvre d’art «naît de la matière et du feu ». Par cette technique il obtient des couleurs chaudes et veloutées, qui se prête à la transposition de ses visions du continent africain où le « mineral et le végétal, l’animal et l’humain » sont transcendés par la matière et la flamme du chalumeau. Il rencontre le critique d’art Michel Tapié qui lui consacre une monographie parue en 1980.

A partir de là, Arthur Unger se consacre au travail sur cuivre et à l’encre de Chine. Plusieurs séjours en Afrique renforcent son retour aux sources africaines, impressions étalées dans ses œuvres. Parallèlement il varie ses travaux en encre de Chine sur papier en s’inspirant des calligraphies asiatiques. Il s’attaque aussi aux grands formats de peinture sur cuivre ayant pour thème « le feu et les masques ». Suit l’ouvrage bibliophilique « Beauté inversée », composée de poèmes de Fernando Arrabal et de 71 reproductions de lavis du peintre. Une importante rétrospective sur le Toit de la Grande Arche de Paris, accompagnée d’un livre d’Ante Glibota en 2001 et trois grandes expositions en Chine à Shenzen, Shanghai et Pékin en 2004 ont marqué sa carrière. L’ensemble de son œuvre s’articulant autour des trois axes « pyriochimiogrammes », « encres de Chine » et « objets en cuivre » a été montré lors d’une grande rétrospective à l’Abbaye Neumünster en 2010.

Fidèle à sa pratique des « pyriochimiogrammes » il en propose trois déclinés selon ses impressions africaines et des « encres de Chine » inspirées de ses interrogations avec des pensées asiatiques.

 

www.arthurunger.com

 

 

 

Claire WEIDES-COOS

 

Depuis les années quatre-vingt-dix l’artiste a participé à de nombreuses expositions collectives, foires d’art et a eu des expositions individuelles en Allemagne, Autriche, Belgique, Bulgarie, France, Italie, Suisse, Turquie et Luxembourg, par exemple « pardise lost. the mirror et couronne de fer » à Esch-sur-Alzette en 2014, « Sixfloor » à Koerich en 2013, « Espace mediArt » à Luxembourg en 2011, « Museum Schloss Fellenberg » à Merzig en 2011, « Artloops » à la Gallery Tophame-J-Amire à Istanbul, à « Art Innsbruck » en 2014 et 2016 ou encore au Salon du CAL (2002,2003,2008) au Luxembourg. En 2011 elle a publié un livre d’artiste « the wall, the mirror and the window ».

La peinture de l’artiste se situe dans le courant de l’abstraction expressionniste. Sa peinture est conceptuelle, minimaliste, axée sur un constructivisme linéaire strict s’inscrivant dans de vastes et vibrants champs de couleurs.

Cette peinture en profondeur transcende les aspects géométriques des compositions en une esthétique raffinée et méditative, suscitant de fortes émotions. La démarche de l’artiste est conséquente, un cheminement entre la méditation philosophique et le vécu de la réalité. Idées et techniques picturales fusionnent grâce à une réalisation soignée témoignant d’un savoir-faire exemplaire aussi bien dans la gestion de la composition que des tonalités intéressantes, fruit d’un travail poussé sur les couleurs, les pigments, et de la matière utilisée à doses justes.  - Une vraie peinture.

Et la critique d’art Nathalie Becker de conclure : « Seule la radicalité de son langage abstrait, sa rigueur, le potentiel et expressif de la couleur, l’économie de moyens, les tentations monochromatiques animées de marge d’un autre ton, lui ont permis de tutoyer à ce point la symbolique d’un thème, avec sérénité, harmonie et élégance. »

Les œuvres présentées se distinguent par la rigueur de la composition, l’utilisation de l’espace et du « chiaroscuro », un univers décalé, mystérieux et contemplatif exploré tout en finesse à l’aide d’un langage « monochromatique » puisé dans la gamme des noirs.

 

 

www.claireweides-coos.com